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"La Lettre du Président aux Correspondants du CSF",
la publication bimestrielle destinée à informer
les 18 000 correspondants bénévoles du CSF.
Jean-Marie ALEXANDRE
Président du CSF
Extrait de la Lettre du Président N°100
Plus de 50 ans au service des agents de la fonction publique
Quand modernité rime avec durée
Solidarité, indépendance, conseil, respect des intérêts de ses adhérents, le CSF évolue depuis plus d’un demi-siècle dans un secteur concurrentiel, tout en défendant des valeurs sociales. La performance de l’association s’inscrit dans la durée. Mais est-elle aussi perçue dans sa capacité à adapter ses offres aux attentes de ses adhérents ? Le Président Jean-Marie Alexandre explique comment le CSF conjugue ces deux aspects nécessaires à la pérennité de l’association.
Quelle stratégie a guidé le CSF pour adapter son offre et demeurer le partenaire privilégié des agents de la Fonction publique dans leurs relations à l’argent ?
Jean-Marie Alexandre : « Ce numéro 100 de la Lettre du Président est une merveilleuse occasion de rendre hommage aux créateurs du CSF qui ont imaginé, il y a plus de 50 ans, que la relation des fonctionnaires à l’argent pouvait s’organiser à partir d’une action collective. Le bon sens commandait le raisonnement.
Même en étant un client fidèle d’un organisme bancaire, qui peut prétendre à soi seul établir une relation équilibrée avec son banquier ? La complexité des produits, la volonté des grands établissements financiers cotés en bourse, de présenter à leurs actionnaires les meilleurs résultats possibles, font que la relation individuelle ne pèse pas lourd face aux objectifs de rentabilité et de profit. La notion de risque, aussi, est traditionnellement évoquée ou invoquée pour accorder ou refuser un crédit ou négocier un taux soi-disant privilégié. C’est pourquoi, à partir du simple constat qui veut que plus nombreux nous serions plus forts, le Crédit Social des Fonctionnaires a été créé.
Dans le même temps, ses dirigeants, ses élus de l’époque, se sont entourés de spécialistes de la banque, de l’épargne, de l’assurance afin de pouvoir confronter la logique du profit à celle de la solidarité.
Pour permettre au CSF de ne jamais oublier ses origines et lui rappeler sans cesse que rien ne peut se construire dans la durée sans un lien étroit entre la base et le sommet, un réseau de correspondants bénévoles a vite été mis sur pied. Les plus anciens adhérents du CSF rappellent souvent que leur premier prêt a été souscrit dans une cour d’école, dans un bureau de poste ou au domicile d’un collègue de la Fonction publique.
Cet esprit à la fois singulier, parfois désuet, semblant inadapté à une époque où on communique en quelques secondes, ne doit jamais nous quitter. Il est le fondement même de l’existence du CSF. Il est sa raison d’être et sa fierté. C’est en assurant ce lien étroit qu’au fil des années le CSF a su s’adapter et s’imposer comme un partenaire privilégié des agents de la Fonction publique ».
Vous avez fait de la vie associative une priorité dans l’organisation du CSF. Qu’attendez-vous aujourd’hui du réseau de correspondants et quel développement souhaitez-vous lui donner ?
Jean-Marie Alexandre : « Un réseau de correspondants bénévoles, des Commissions Départementales régulièrement réunies, des relations durables entre militants et salariés du CSF, ont permis à notre groupe de renforcer ses positions dans l’ensemble qu’il constitue aujourd’hui, à savoir :
l’association CSF, qui a rendu des services éminents à plus de 2 millions d’adhérents ; CSF Assurances, la société de courtage dont CSF détient 100 % du capital et qui permet de distribuer des produits d’épargne et d’assurance quel que soit leur objet ; CRÉSERFI, l’établissement financier du groupe dont l’association est l’actionnaire principal, le bras séculier du CSF, dont la création a été imposée par les autorités monétaires.
Grâce au travail de tous et à la cohésion de l’ensemble, le groupe CSF est aujourd’hui la propriété de ses adhérents. Il n’a d’obligation envers personne, excepté les pouvoirs publics à qui il rend régulièrement des comptes (Commission Bancaire, Banque de France, autorités monétaires...).
Le CSF ne dépend d’aucun établissement financier, d’aucune société d’assurances. Ceci est suffisamment rare aujourd’hui pour être souligné. Seule la confiance de ses adhérents est garante de son avenir. C’est pourquoi, au moment où se profile un certain nombre de réformes qui touchent à l’exercice des métiers de la Fonction publique, le Conseil d’administration du CSF a souhaité entendre les ministres responsables et les partenaires sociaux qui ont engagé, avec le Gouvernement de notre pays, un vaste débat afin de comprendre, d’anticiper ce que sera demain la Fonction publique française et ce qui s’y rattache et pouvoir ainsi répondre aux attentes nouvelles de nos collègues.
De même, le départ en retraite des générations dites de l’après-guerre, nous a amenés à décider la mise en place d’un réseau de correspondants seniors, seul capable d’assurer pour ces nouveaux retraités un lien tout aussi étroit avec leur association.
C’est donc de manière confiante qu’à partir de ces 2 réseaux, correspondants actifs et correspondants retraités, le CSF envisage l’avenir puisqu’à aucun moment le lien entre l’adhérent et son association ne sera rompu ».
Le CSF cultive sa différence en défendant des valeurs sociales. Cette particularité a-t-elle sa place dans un secteur aussi concurrentiel que les services financiers ?
Jean-Marie Alexandre : « Notre organisation est une force même si le groupe CSF a rencontré, au cours de son existence, des périodes fastes et des périodes difficiles.
A la création du CSF, le crédit était rare et cher. Le CSF l’a rendu accessible au plus grand nombre et ceci dans des conditions particulièrement avantageuses. Les années de croissance, de 1960 à 1980, ont un peu banalisé son action puisque c’était l’époque des slogans « achetez aujourd’hui, vous payerez plus tard ! ». Tout semblait si facile.
Cette période fut particulièrement dure à vivre pour le CSF dont les « partenaires » financiers faisaient alors peu de cas des services qu’il pouvait rendre et des conseils qu’il pouvait donner à ses adhérents. Il s’en est suivi une période noire avec la fin de l’inflation, le retour à la rigueur budgétaire et le choc des réalités : avec la loi Neiertz, la presse titrait « le surendetté type est un fonctionnaire ».
C’est alors, qu’ayant beaucoup souffert de cette période durant laquelle notre existence fut même menacée, nous avons su retrouver, avec ténacité, les voies et moyens de rétablir avec les banques
et sociétés d’assurances « partenaires » un rapport de force qu’elles avaient malheureusement oublié. Il faut d’ailleurs admettre que dans cette aventure beaucoup d’établissements bancaires, financiers, coopératifs ou mutualistes se sont laissés entraîner vers la facilité. En même temps qu’ils perdaient leur âme et leur indépendance, certains d’entre eux finissaient par disparaître complètement.
La concurrence est toujours redoutable. Il nous appartient, ainsi qu’à nos collègues, de ne pas la craindre mais de repérer parmi toutes les offres celles qui présentent de réels avantages par rapport au projet de chacun. C’est le travail de nos conseillers. C’est aussi la mission de nos correspondants ».
La France n’a pas été épargnée par les désordres financiers mondiaux. Les prêts immobiliers, notamment à taux variable, affichent des mensualités nettement à la hausse. Comment le CSF a-t-il décidé d’accompagner ses adhérents touchés par cette évolution des taux ?
Jean-Marie Alexandre : « Ces dernières années ont été marquées par un maintien du chômage de masse en France et en Europe mais aussi par une recrudescence des naissances dans notre pays. Ceci a eu pour conséquence de poser avec une plus grande acuité encore le problème du logement. En effet, on a vu s’accumuler trois difficultés : l’augmentation de la population française entre deux recensements ; une volonté de faire disparaître les grands ensembles immobiliers construits dans les banlieues des grandes villes, là où le taux de chômage des jeunes est souvent très élevé ; une incapacité des pouvoirs publics à financer donc à maîtriser le besoin en logements sociaux du pays.
Les conséquences de cette situation sont aujourd’hui particulièrement dramatiques : il y a les sans-logis, les mal-logés, les loyers chers et un prix de l’immobilier qui n’a cessé de grimper.
Face à cette situation, le CSF a accompagné les demandes de ses adhérents qui souvent préféraient s’engager sur un crédit immobilier leur permettant d’acquérir un bien prenant quotidiennement de la valeur, plutôt que de payer mensuellement et à perte des loyers trop élevés.Nos conseillers ont toujours eu à leur disposition une gamme de produits à taux fixe et à taux variable permettant au cas par cas de trouver une solution à chaque projet.
La crise financière aux États-Unis s’est évidemment répercutée sur l’ensemble des bourses mondiales. La panique s’est emparée des marchés financiers et a précipité un mouvement de méfiance entre les établissements bancaires eux-mêmes qui a eu pour effet de renchérir immédiatement le coût du crédit. Ainsi, soudainement, le crédit à taux fixe comme à taux variable est redevenu plus rare et plus cher. Face à cette situation, le CSF a mobilisé ses équipes pour convaincre ses « partenaires » de réagir afin de comprendre et de rassurer celles et ceux qui se trouvaient brutalement frappés par ces hausses.
Au-delà des efforts entrepris par les groupes bancaires concernés, le CSF a abondé immédiatement son fonds de solidarité d’une somme de 1 million d’euros afin de sécuriser davantage les prêts souscrits par ses adhérents. Aucun d’entre eux ne peut prétendre à ce jour ne pas avoir été écouté, aidé dans ses démarches, soutenu financièrement lorsque sa situation le nécessitait. Cela s’appelle
la solidarité.
D’autres que nous se seraient peut être réfugiés derrière la rigueur des contrats et des procédures. Mais je le rappelle, nous sommes une
association au service de ses adhérents et c’est bien ce qui nous guide. Dans quelques semaines, ces problèmes s’étudieront au passé et, je l’espère, les quelques incompréhensions du moment auront fait place à une confiance renouvelée parce que méritée ».
La performance du CSF s’inscrit dans la durée. Est-elle aussi perçue dans sa capacité à innover pour améliorer ses offres ? Comment le CSF conjuguera ces 2 aspects, parfois contradictoires, durant ces prochaines années ?
Jean-Marie Alexandre : « Après 50 années d’existence, chacun comprendra que le CSF tient plus que jamais à son image et à sa réputation. Ses militants, ses dirigeants, ses professionnels sont des gens respectables. Notre ambition collective est de renforcer nos positions et de conforter nos valeurs. Dans les prochains mois, nous déposerons les statuts d’une fondation d’entreprise dont le but sera culturel et social. Elle complétera l’action souvent discrète du CSF à l’égard de ses adhérents qui sont douloureusement frappés, par ce qu’on appelle pudiquement, les accidents de la vie.
Etre performant ne signifie pas devenir inhumain. C’est tout le contraire. Performance, rentabilité, résultats, ces mots n’ont de sens pour nous tous que s’ils sont au service d’une cause qui nous mobilise : permettre à chacun de réaliser ses rêves, de bâtir ses projets, d’assurer un avenir à ses enfants et petits-enfants, avec des produits sélectionnés par les professionnels du CSF pour la Fonction publique et ceux qui la servent.
Le premier métier du CSF est la caution, c’est-à-dire la garantie de bonne fin faite à l’organisme prêteur. Si nous accomplissons nos missions avec rigueur et passion, nul doute qu’au moment de choisir un établissement bancaire, financier ou d’assurances pour sa fiabilité, le CSF sera reconnu pour son savoir-faire. Comme il y a 50 ans, à ceux qui croyaient que tout était facile, que l’argent pouvait être distribué sans effort, il est de notre devoir de rappeler quelques règles simples et de bon sens.
On ne peut pas emprunter plus qu’on ne gagne et surtout pas plus qu’on ne peut rembourser ! L’immobilier reste un placement sûr dans un pays qui manque tragiquement de logements. Il n’y a pas de bons prêts à taux fixe et de mauvais prêts à taux variable. Il y a des situations différentes qu’il faut étudier au cas par cas pour y apporter des solutions, sécurisées en toutes circonstances. C’est notre ambition, notre volonté, notre démarche notamment lorsque nous passons des accords à l’étranger en Espagne, en Tunisie, en Belgique. Partout où nos collègues se trouvent, ils doivent savoir que le groupe CSF est avec eux et qu’il a forcément une réponse à leur questionnement, à leur inquiétude. Parce que grâce à ses réseaux de correspondants, le groupe CSF sait en permanence comment bat le cœur de la Fonction publique française ».
